Et si nous allions voir les Pyrénées? Cette petite phrase lancée par Jacques au hasard d'une conversation n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd. Fraîchement licencié au Cyclo Club de Grans, je m'empare de cette opportunité pour faire découvrir à mes amis cyclistes cette belle région de France. Encore fallait-il attirer vers moi, celles et ceux qui allaient adhérer à cette idée de voyage.

Travail de recherche :

- d'informations touristiques,

- de parcours cyclistes,

- d'un lieu d'hébergement,

- d'un rapport qualité / prix raisonnable et c'est parti.

Préparation d'un diaporama de présentation pour une réunion dédiée à notre voyage de l'année.

Le plan de notre séjour du 17 au 24 juin 2017 a séduit quelques uns d'entre nous, épouses comprises.

Après un voyage de 570 km, nous arrivons à Izeste petit village situé à 12 km du pied du Col d' Aubisque qui sera le point central de notre séjour. Nous frappons aux portes de l'Auberge de la Vallée d'Ossau... C'est là que nous prendrons des repas particulièrement roboratifs et que dans un confort simple mais suffisant et très correct nous prendrons un repos salvateur après nos journées bien remplies en activités de toutes sortes :

- circuits cyclistes à travers vallées et cols pyrénéens,

- découvertes des merveilles de la région,

- balades et promenades digestives,

- farniente (et oui ! ça aussi ça fatigue),

- excursions (Cirque de Gavarnie ; Lourdes la cité Mariale ; Le petit train d' Artouste)

En bref, tout le monde y a trouvé son compte et c'est cela l'essentiel.


1ère journée :

Décrassage et balade cycliste pour les uns et montée du col du Soulor suivie par celle du col d' Aubisque pour Jacques et Jean-Pierre qui m'accompagneront.

Le groupe des "Sages" armé par Momond, René et Claude ira jouer le matin avec les routes bien vallonnées de la campagne environnante.

Quant à Jacques, Jean-Pierre et moi-même, nous décidons de nous transformer en montagnards purs et durs et partons à l'assaut des cols du Soulor et de l' Aubisque. Après avoir ingurgité un petit déjeuner bien costaud, nous voilà sur la route des Pyrénées.

Par la D35 nous quittons Izeste et traversons les petites bourgades de Mifaget et de Bruges. La douceur d'un matin de printemps nous enveloppe et nous cheminons sans aucun problème vers le village d' Asson qui sera notre point tournant pour "attaquer" la route qui nous mènera tout droit ou presque, au pied du col du Soulor.

La météo est excellente et par la traversée des villages d' Arthez-d'Asson et de Ferrières, nous nous rapprochons sérieusement du pied du col que nous attaquons tranquillement... Toutefois " les blagounettes " et les commentaires se font de plus en plus rares. Bizarre !!! Le rythme cardiaque s'accélère, le souffle se fait un peu plus court mais c'est un bonheur immense qui nous envahit. Nous y sommes dans les Pyrénées. Nous attendions ce premier contact depuis longtemps. Chacun choisit son rythme de croisière et je décide d'être le compagnon de route de Jean-Pierre. Pour avoir déjà pratiqué le cyclisme sur ces routes, j'en connais les difficultés, mais aussi les endroits qui autorisent une petite récupération et puis, partager le plaisir de la rando avec un compagnon de route n'est-ce pas un fondamental du cyclotouriste ?

En parlant de récupération je propose une petite halte au café du village d' Arbéost. Il nous reste 8 km pour atteindre le sommet et c'est le bon moment pour faire une pause. Oh! le bistrot tenu par une dame d'un certain âge, ni très vieille mais pas toute jeune non plus nous ouvre la porte d'une salle très sombre, trop sombre pour que l'on puisse s'y installer. Le chien qui joue le rôle de Cerbère nous dissuade d'entrer. Nous préférons la table du petit jardin qui se trouve juste en face, de l'autre côté de la route, pour nous reposer quelques minutes. La patronne du café, une Hollandaise au fort accent qui avait dû se perdre là depuis fort longtemps, par un jour d'épais brouillard, n'est jamais repartie du village. Un bon café bien fort et les barres de céréales pour nous redonner quelques forces, quelques photos pour les souvenirs puis un petit coup de fil à la famille et nous voilà repartis pour atteindre notre premier sommet.

La remise en route est plutôt facile mais la chaleur commence à se faire sentir et la forêt qui nous accompagnait jusqu'à présent, réduisant notre champ de vision à une cinquantaine de mètres, laisse maintenant la place à un paysage plus clairsemé. Sur notre gauche, le flanc de la montage et à droite de la route une vue dégagée sur la chaîne des Pyrénées et au loin le second sommet qui nous attend patiemment : l' Aubisque.

Chemin faisant, nous jetons un coup d' œil furtif aux bornes kilométriques qui nous indiquent à quelle sauce nous serons mangés à brève échéance (dénivelé et % moyen de la pente). Les kilomètres s'enchaînent et la vue du magnifique cirque du Litor sur notre droite adoucit un peu les efforts fournis pour arriver à quelques hectomètres du sommet. Nous posons pied à terre pour la traditionnelle photo des cyclos qui passent au sommet d'un col. Ouf le col du Soulor, premier objectif de la journée est atteint.
Photos de tradition, étirements musculaires et en attendant le reste de la troupe qui est en route pour nous rejoindre, nous prenons le temps de savourer un excellent jus de houblon : le régal!

Nos amis nous ont rejoint en voiture avec dans le coffre, de quoi nous sustenter. Concentrés sur notre repas nous récupérons petit à petit et reprenons des forces pour attaquer la montée du col d' Aubisque. Ce repas partagé avec les familles et amis, a la saveur des petits moments qui comptent dans une journée. Mais il est temps de reprendre la route pour grimper au sommet de l' Aubisque à 1709 m. Le redémarrage est un peu laborieux mais la petite descente qui précède l'accession finale nous aide grandement. Sur cette route mes pensées sont nombreuses et je visualise encore les passages des Géants de la route : Merckx, Thévenet, Poulidor, Anquetil et tant d'autres moins connus que je suis venu encourager sur le bord de la route, en famille. Encore trois lacets puis deux, puis la dernière portion de route se présente à nous pour une arrivée triomphale au sommet. Un petit moment de récupération en compagnie d' Annick, Danièle et Claude sous le regard figé de Lucien BUYSSE vainqueur du Tour de France 1926 et c'est reparti pour une descente sympathique jusqu'à Laruns (ville étape du TDF le 27 juillet 2018). C'est bon les amis, Izeste est en vue et une bonne douche nous attend. Contrat rempli pour aujourd'hui.


 2ème journée :

Consacrée à la détente et à la visite, nous avons collégialement décidé d'aller pique-niquer au bord du Lac d'Artouste. Pas de vélo pour aujourd'hui. Le soleil est encore présent et à véhicule, nous prenons la route du col du Pourtalet. Après le village de Gabas nous arrivons au Lac de Fabrèges pour nous rendre au départ des cabines du téléphérique. IMG 7357 Copier
Nous prenons place à bord de ces cabines pour accéder au départ du petit train d'Artouste qui est le plus haut d'Europe. De là-haut nous pouvons observer le Pic du Midi d'Ossau baptisé Localement " Le Jean Pierre". Le surnom de Jean-Pierre s’attache intimement au pic du Midi d’Ossau qui culmine à 2 884 m, personnalisant ainsi le sommet le plus singulier du Béarn.

Un mythe fait de Jean et Pierre, les noms des frères jumeaux, bergers des montagnes d’Ossau, chargés d’empêcher l’intrusion des barbares.

Alors qu’un fracas formidable a dispersé leur troupeau, un bouc vient à mordre Jean, « le petit d’humeur joyeuse », aussitôt secouru par Pierre, « le colosse taciturne ». Mais une brouche (sorcière) s’en mêle, précipitant les deux frères dans son antre souterraine, alors qu’en surface les barbares anéantissent bêtes et gens.

Mais bientôt Jean et Pierre jaillissent du volcan – le pic du Midi d’Ossau est réellement le vestige d’un ancien volcan ! – embrochant de leurs « épées de feu » jusqu’au dernier des envahisseurs. Et les sorcières de pétrifier les jumeaux pour immortaliser leur exploit, figeant côte à côte Grand Pic et Petit Pic d’Ossau pour l’éternité…

Nous en profitons pour mettre à l'honneur "Notre Jean-Pierre" devant le magnifique décor que nous offre cette belle chaîne des Pyrénées.IMG 7367 Copier

En voiture, en voiture !!! Nous prenons place dans le petit train qui nous mènera jusqu'au lac d'Artouste. Là, après une grimpette plus ou moins facile, nous arrivons dans un petit havre de paix qui nous recevra pour un bon moment de farniente, de rire mais aussi de récupération car avec tous ces efforts, les estomacs sont littéralement dans les talons.

Avant de redescendre nous profitons du spectacle grandiose que nous offre la nature. Cette belle nature qui ne demande qu'à être préservée !!! La pauvre.

Le retour se fait tranquillement et Momond toujours un bon mot à la bouche, dont lui seul a le secret, n'hésite pas à interpeller les employées de la mini gare d'Artouste, provocant sur leurs visages de larges sourires. Sacré Momond...IMG 7446 Copier

Retour au camp de base pour une "remise en condition" suivie de l'incontournable réunion de fin d'après midi autour d'un verre partagé en toute amitié.

 

 

 

 

 

 


3ème journée:

Bernadette et Georges nous ayant rejoint la veille, Georges décide de participer à l'ascension du col du Pourtalet qui culmine à 1794 m en compagnie de Jacques, de Jean-Pierre et de moi-même. Ce col long de 29 km ne pouvait être occulté. L'ascension est assez facile et l'on a le temps de profiter du paysage en traversant au petit matin le village de Laruns qui prépare son marché. Nous passons la toute petite station thermale des Eaux Chaudes qui ouvre à peine ses volets. Sur un bon rythme que je qualifierai de tranquille, nous arrivons à Gabas. Il est temps de faire une petite pause qui........repose ! Un sympathique petit café restaurant nous invite à profiter de sa terrasse pour nous accorder un petit moment de détente. Boisson chaude et barres de céréales sont au menu de ce "casse-croûte" sportif. Les 13 premiers kilomètres sont avalés et la suite du programme nous attend et passé le Lac de Fabrèges sur notre gauche, il nous semble que nous quittons le domaine des Hommes pour entrer dans celui des Aigles. La nature est sauvage, les torrents et cascades ont la pureté du cristal, le soleil réchauffe nos carcasses et le silence est encore présent. Les motards et automobilistes n'ont pas encore pris possession du ruban asphalté. La route est à nous les amis. Les paravalanches traversés nous rappellent que la neige peut ici être très abondante l'hiver.

La pente est moins exigeante ici et les lacets s'enchaînent sans aucun problème. Petit à petit nous nous rapprochons du sommet du col et nous apercevons au loin quelques maisons qui proposent à la vente divers articles venant de l'Espagne. Le poste frontière désactivé se trouve au sommet. Photos traditionnelles puis nous nous dirigeons vers un bar aux couleurs sang et or de l'Espagne. " Buenos dias Señor, una cerveza muy fresquita por favor" dans la langue de Cervantés pour savourer cette bonne bière, bien méritée.

Le ciel se couvre et nous abandonnons l'idée de prendre notre pause méridienne sur place. Nous optons pour le plan B. Nous redescendons sur Gabas pour prendre un bon repas au restaurant qui nous avait accueilli le matin.

Accueil très chaleureux, service impeccable et ce qui ne gâte rien, une addition plus que raisonnable. Café Restaurant Pierre VIGNAU à l'entrée du village face à une petite chapelle. Voilà une bonne adresse les amis.

Un peu lourd après ce bon repas, nous nous laissons glisser jusqu'à Laruns puis un peu de faux plat jusqu'à Izeste. Belle rando. Merci les copains, ce fut un plaisir partagé.


 4ème journée

A l'exception de Jacques qui a joué l'électron libre pour aller grimper le col du Tourmalet, tout le groupe a choisi la visite du Cirque de Gavarnie inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO et situé au cœur du Parc National des Pyrénées. Wouaaaa grandiose, majestueux, les mots nous manquent pour traduire le spectacle qui nous est offert. Les gouttes de transpiration lors de la marche d'approche pour atteindre le but valaient la peine. Même si tout ce petit monde était content d'arriver au but, je decerne une mention particulière à Annick qui n'a rien lâché pour arriver avec nous.

Photos de tradition et souvenir au sommet puis redescente "pédibus-jambus" jusqu'à atteindre une charmante petite clairière, douce, agréable et très accueillante afin de partager un repas suivi d'une sieste assez crapuleuse avouons le.

 Sur le chemin du retour nous faisons une halte dans la Cité Mariale où chacun, librement, pu profiter du moment. Retour au bercail après une très agréable journée passée au grand air.


 5ème journée

Nous reprenons le vélo pour aller "grimpouiller" le col de Marie Blanque. Deux possibilités s'offrent à nous:

- aller chercher le pied du col à Escot

- débuter le col par Bielle.

Je choisis d'attaquer le col par Bielle. La fraîcheur du matin nous accompagnera pour grimper alors que l'approche par Escot nous fera grimper le col en pleine chaleur. Ce côté est moins exigeant et tout le monde (Jacques, Jean-Pierre et Georges) profitera de cette jolie montée pour atteindre le Plateau du Bénou squatté par les troupeaux en estives qui sont ici chez eux.

Un rude gaillard, un vacancier venu tout droit des Antilles s'accroche à nos basques l'espace d'un moment pour atteindre le plateau. Quelques mots échangés, quelques photos prises puis nous repartons pour atteindre les 1035 m de ce col pas très haut mais aux pentes raides.

Descente vers Escot où la chaleur commence à se faire sentir. Gentil organisateur de la sortie, je préconise un retour par Asasp avec un petit arrêt au bar du coin, tenu par une gentille mémé qui nous parlera avec force et détails de Jean Lassalle, le député du coin. Mais oui, souvenez-vous c'est lui qui débutait ses interventions par un mémorable " Mes cherrrs compatrrrriotes de métrrrropole et d'outrrre merrr ".

Jacques n'étant pas rassasié par le menu proposé, nous quitte pour aller grimper le petit col de Lourdios-Ichère.

Arrivé pile-poil pour le déjeûner avec Jean-Pierre et Georges, nous ne sommes pas surpris par l'absence de Jacques qui doit toujours se battre avec sa machine. Au milieu du repas un cycliste venu d'ailleurs, bien fatigué, les traits tirés mais portant le maillot du Club fait son apparition. C'est notre Jacques !

Cet après-midi, repos et piscine pour certains alors que d'autres iront visiter les fromagers et charcutiers du village.

Départ en milieu d'après-midi pour Gan et sa renommée cave de Jurançon pour une visite dégustation très intéressante de la cave.

N'oublions pas qu'Henri IV fut baptisé avec une gousse d'ail et une goutte de Jurançon. Alors voilà ce qui justifie que sur le frontispice de l'Hôtel de Ville de Jurançon soit inscrite la phrase suivante : "Bi de Rey, Rey dous Bis" ce qui signifie en béarnais "Vin de Roi, Roi des vins".

Le tout avec modération bien entendu!

Adishatz amics.....A bientôt